Lorsque j’ai décidé de faire du kimono une partie de mon quotidien, j’ai commencé avec un iromuji, un kimono d’une seule couleur que ma mère m’avait donné.
Il y avait juste un petit problème : elle n’avait pas d’obi qui allait avec.
Je suis donc allée en acheter un.
À l’époque, je connaissais encore très peu de choses sur le choix d’un obi. La vendeuse m’a conseillé un obi clair en Hakata-ori, réalisé selon une technique de tissage traditionnelle japonaise. Elle m’a expliqué que, si je souhaitais porter régulièrement le kimono, ce serait un choix polyvalent que je pourrais associer à de nombreux kimonos différents.

Et elle avait raison.
Depuis, j’ai porté cet obi de nombreuses fois, avec différents kimonos et pour diverses occasions.
Mais avec le recul, je me demande comment j’aborderais cette même visite aujourd’hui.
J’aime toujours autant cet obi. Le choisirais-je à nouveau ? Peut-être. Ou peut-être que je choisirais quelque chose de complètement différent.
Même si je choisissais le même, je ne prendrais plus cette décision de la même manière.
Aujourd’hui, je me demanderais non seulement si un obi s’accorde avec le kimono, mais aussi comment il transforme l’ensemble et si cette association convient à l’occasion.
Et pour moi, cela fait partie du plaisir de choisir un obi.
Dans cet article, nous allons explorer les différents types d’obi, leur niveau de formalité et les possibilités qu’ils offrent pour composer une tenue en kimono.
Dans cet article
• Pourquoi l’obi est-il important ?
• Comprendre les cinq principaux types d’obi
— Maru Obi — Le faste traditionnel des grandes occasions
— Fukuro Obi — Des cérémonies aux sorties élégantes
— Nagoya Obi — Praticité et polyvalence
— Hanhaba Obi — Liberté dans les tenues décontractées
— Heko Obi — Souplesse et mouvement
• Comment accorder le niveau de formalité de l’obi à celui du kimono
— La présence d’or ou d’argent rend-elle un obi formel ?
— Obi tissés et obi teints
• Choisir les couleurs et les motifs d’un obi
• Faut-il tenir compte des saisons pour choisir un obi ?
• Comment le nouage de l’obi transforme l’allure générale
— Ichijū-daiko — Le nœud taiko à simple épaisseur
— Nijū-daiko — Le nœud taiko à double épaisseur
— Nœuds décoratifs pour le furisode
— Nœuds décontractés avec le hanhaba obi et le heko obi
• Longueur de l’obi et emplacement des motifs
— La longueur vous convient-elle ?
— Où les motifs apparaîtront-ils ?
• Et l’obiage et l’obijime ?
• Choisir son obi avec soin
Pourquoi l’obi est-il important ?
Imaginez un même kimono accompagné de deux obis différents.
Avec l’un, la tenue peut paraître discrète et raffinée. Avec l’autre, elle peut prendre une allure audacieuse et moderne.
Le kimono n’a pas changé, et pourtant, l’impression d’ensemble est différente.
C’est l’une des choses qui me fascinent dans les obis.
L’obi aide à maintenir le kimono en place et à structurer la silhouette, mais il joue également un rôle esthétique important. De face, il apporte de la couleur et de la texture à la tenue. De dos, la façon dont il est noué participe à la silhouette.
Mais les larges obis décoratifs que nous connaissons aujourd’hui n’ont pas toujours existé.
Au XVIIe siècle, les obis portés par les femmes étaient beaucoup plus étroits. Durant l’époque d’Edo (1603–1868), ils sont progressivement devenus plus larges et plus élaborés, au fil de l’évolution des modes et des façons de s’habiller.
Le kimono et l’obi ont ainsi évolué ensemble, chacun influençant l’apparence générale de l’autre.
Ainsi, lorsqu’on choisit un obi, l’harmonie des couleurs n’est qu’une partie de la réflexion.
Je trouve que trois questions sont particulièrement utiles :
L’occasion : Où allez-vous porter ce kimono ?
Le niveau de formalité : L’obi convient-il au kimono et à l’occasion ?
Le style : Quelle impression souhaitez-vous créer ?
Ces questions nous aident à comprendre non seulement quel obi pourrait convenir à un kimono, mais aussi pourquoi certaines associations créent des impressions différentes.
Et cette compréhension nous ouvre de nouvelles possibilités avec les kimonos et les obis que nous possédons déjà.
Comprendre les cinq principaux types d’obi
Il existe de nombreuses variétés d’obi portés avec les kimonos féminins, mais cinq types sont particulièrement utiles à connaître : le maru obi, le fukuro obi, le Nagoya obi, le hanhaba obi et le heko obi.
Maru Obi — Le faste traditionnel des grandes occasions
Le maru obi était traditionnellement considéré comme le type d’obi le plus formel.
Il est réalisé à partir d’une seule pièce de tissu tissé, dont la largeur est environ deux fois celle de l’obi terminé. Le tissu est ensuite plié dans le sens de la longueur et cousu, ce qui permet aux riches motifs tissés d’apparaître sur les deux faces.
Souvent ornés de motifs complexes et de fils d’or ou d’argent, les maru obi sont magnifiques, mais aussi lourds et difficiles à nouer.
Aujourd’hui, ils sont relativement rares et se rencontrent principalement dans les tenues de mariée traditionnelles et celles des maiko, les apprenties geishas.

Fukuro Obi — Des cérémonies aux sorties élégantes
Le fukuro obi est apparu comme une alternative plus légère et plus pratique au maru obi. Aujourd’hui, il est largement porté avec les kimonos formels et semi-formels.
Contrairement au maru obi, dont les deux faces sont richement décorées, le fukuro obi possède généralement une face ornée de motifs et un revers plus simple, souvent uni.
Un fukuro obi mesure habituellement entre 31 et 32 cm de large et entre 430 et 435 cm de long. Il existe également des modèles plus longs, notamment pour réaliser des nœuds élaborés.
Sa longueur permet de réaliser le nijū-daiko, un nœud taiko à double épaisseur, couramment porté lors des cérémonies et des occasions festives. Avec un furisode, on privilégie également des nœuds plus décoratifs.
Selon ses motifs et l’occasion, un fukuro obi peut être associé à un tomesode, un furisode, un hōmongi, un tsukesage ou un iromuji.
Mais tous les fukuro obi ne sont pas formels.
Certains sont richement tissés de fils d’or ou d’argent et présentent des motifs classiques ou des symboles de bon augure, ce qui les rend particulièrement adaptés aux cérémonies et aux célébrations.

D’autres, souvent appelés share-bukuro obi, présentent des matières, des couleurs ou des motifs plus décontractés. Ils peuvent être associés à des komon ou des tsumugi pour des sorties moins formelles.
Nagoya Obi — Praticité et polyvalence
Le Nagoya obi possède une histoire intéressante, étroitement liée à l’évolution de la vie des femmes japonaises au début du XXe siècle.
L’une des histoires concernant ses origines commence avec Haruko Koshihara, fondatrice d’une école pour filles à Nagoya.
Très occupée par son travail, elle imagina un obi plus léger et plus pratique, qui pouvait être noué plus rapidement.
En 1924, le magasin Nakamura Gofukuten commença à commercialiser le Nagoya obi, qui devint rapidement populaire dans tout le Japon.
Comparés à de nombreux fukuro obi, les Nagoya obi sont généralement plus courts, mesurant souvent entre 360 et 380 cm. Ils se nouent couramment en ichijū-daiko, un nœud taiko à simple épaisseur.
Beaucoup possèdent une partie plus étroite, déjà pliée, destinée à entourer la taille, ainsi qu’une partie plus large servant à former le taiko dans le dos. Cette conception les rend plus faciles à manipuler, même s’il existe également d’autres types de confection.

Les Nagoya obi sont souvent associés aux komon et aux tsumugi, pour la vie quotidienne et les sorties décontractées.
Cependant, leur utilisation ne se limite pas aux kimonos décontractés. Selon la matière, le tissage et les motifs, certains Nagoya obi plus raffinés peuvent également être portés avec des iromuji, des tsukesage ou des hōmongi, lorsque l’occasion s’y prête.
On distingue aussi généralement deux types de Nagoya obi : le kyūsun et le hassun.
Ces noms font référence au système de mesure traditionnel japonais kujirajaku, dans lequel un sun correspond à environ 3,8 cm.
Kyūsun Nagoya Obi — Nagoya obi de neuf sun
Le kyūsun Nagoya obi est confectionné à partir d’un tissu d’environ neuf sun de large (soit environ 34 cm), avant les finitions.
Ses bords sont généralement repliés vers l’intérieur et un renfort intérieur, appelé obi-shin, est ajouté. La largeur finale est ainsi d’environ 30 à 31 cm.
Les motifs des kyūsun Nagoya obi peuvent être directement tissés dans l’étoffe ou réalisés par teinture.
Certains modèles tissés présentent des motifs classiques raffinés ainsi que des fils d’or ou d’argent, ce qui les rend adaptés à des occasions plus habillées.
Les Nagoya obi teints offrent une grande variété de décors, allant de motifs saisonniers pleins de fantaisie à de délicates peintures réalisées à la main. Ils sont souvent appréciés avec des kimonos moins formels.
Hassun Nagoya Obi — Nagoya obi de huit sun
Le hassun Nagoya obi est tissé sur une largeur d’environ huit sun (soit 30 à 31 cm), proche de sa largeur définitive.
Contrairement au kyūsun Nagoya obi, ses bords n’ont pas besoin d’être repliés vers l’intérieur pour réduire sa largeur. Il est également généralement confectionné sans renfort intérieur séparé, car le tissu possède déjà suffisamment de tenue.
Parmi les exemples courants, on trouve le Hakata-ori, les tissages de type tsumugi et le tsuzure-ori (tissage en tapisserie).
De nombreux hassun obi conviennent particulièrement bien aux kimonos du quotidien, notamment aux komon, aux tsumugi et aux kimonos en coton.
Cependant, certains obi en tsuzure-ori finement tissés, ornés de motifs formels et de fils d’or ou d’argent, peuvent également être portés avec des kimonos plus formels, comme les iromuji ou les tsukesage, selon l’occasion.
Bien que leurs noms évoquent des largeurs différentes, les kyūsun et hassun Nagoya obi ont souvent à peu près la même largeur une fois terminés. Leur mode de confection constitue donc un meilleur indice pour les distinguer.
Hanhaba Obi — Liberté dans les tenues décontractées
Le mot hanhaba signifie « demi-largeur ».
Alors que la plupart des fukuro obi et Nagoya obi pour femmes mesurent environ 30 à 32 cm de large, un hanhaba obi mesure généralement entre 15 et 17 cm de large.

Il est particulièrement associé au yukata, mais peut aussi être porté avec des kimonos décontractés, comme les kimonos en coton ou en laine, les komon et les tsumugi.
L’un de ses plus grands attraits est la variété des façons dont il peut être noué.
Beaucoup de ces nœuds peuvent être réalisés sans obi makura ni les accessoires habituellement utilisés pour les nœuds taiko, ce qui rend le hanhaba obi particulièrement pratique au quotidien.
Les hanhaba obi mesurent généralement entre 360 et 400 cm de long, même si leur longueur varie. Les obi plus longs offrent davantage de possibilités pour des nœuds élaborés, tandis que les plus courts conviennent bien à des styles plus simples.
Certains sont également réversibles, permettant de faire apparaître différentes couleurs ou différents motifs selon la manière dont l’obi est enroulé et noué.
Même lorsqu’ils sont confectionnés dans des tissus luxueux ou noués de façon élaborée, les hanhaba obi sont généralement considérés comme décontractés et ne constituent pas le choix habituel pour les cérémonies formelles.
Heko Obi — Souplesse et mouvement
Le heko obi est une ceinture souple et flexible, traditionnellement associée aux vêtements pour hommes et pour enfants.
Son nom vient de heko, un mot qui désignait les jeunes hommes dans la région de Satsuma (l’actuelle Kagoshima), où ce type de ceinture était autrefois porté.
Aujourd’hui, les heko obi sont aussi appréciés par les femmes, en particulier avec les yukata et les kimonos décontractés.

Contrairement au hanhaba obi, plus structuré, le heko obi est généralement fabriqué dans un tissu large et souple, sans renfort intérieur rigide.
Parmi les exemples traditionnels, on trouve des modèles en soie souple, parfois ornés de teinture shibori, tandis que les versions modernes peuvent aussi être réalisées en coton ou en fibres synthétiques.
Le tissu peut être froncé, plié ou noué en formes souples et fluides. Certains créent de grands nœuds légers et aériens, tandis que d’autres gardent des plis plus définis selon la matière.
Cela donne au heko obi une apparence décontractée, laissant une grande place à une expression plus créative dans la manière de le nouer.
Comment accorder le niveau de formalité de l’obi à celui du kimono
Choisir un obi ne consiste pas seulement à trouver des couleurs et des motifs qui s’accordent harmonieusement.
Dans la tradition du kimono, on veille également à accorder le niveau de formalité de l’obi à celui du kimono et à l’occasion.
Par exemple, un fukuro obi formel peut créer un contraste saisissant avec un kimono décontracté en coton, mais cela ne transforme pas pour autant ce dernier en tenue de cérémonie.
De même, un hanhaba obi ne devient pas approprié pour un mariage nécessitant une tenue de cérémonie simplement parce que ses couleurs s’accordent avec celles d’un hōmongi.
Le tableau suivant constitue un bon point de départ.
| Type de kimono | Choix d’obi courants | Occasions habituelles |
|---|---|---|
| Furisode | Fukuro obi formel ; maru obi dans certaines tenues traditionnelles | Cérémonies de passage à l’âge adulte, mariages |
| Kurotomesode / Irotomesode | Fukuro obi très formel, souvent orné de fils d’or ou d’argent | Mariages et grandes cérémonies |
| Hōmongi / Tsukesage | Fukuro obi formel ou semi-formel ; certains Nagoya obi élégants pour les occasions moins formelles | Mariages, réceptions, rencontres et événements sociaux |
| Iromuji | Fukuro obi ou Nagoya obi, selon les armoiries familiales et l’occasion | Cérémonies du thé, cérémonies, sorties |
| Komon | Nagoya obi, fukuro obi décontracté ou hanhaba obi | Restaurants, expositions, sorties du quotidien |
| Tsumugi | Nagoya obi, fukuro obi décontracté ou hanhaba obi | Sorties décontractées et vie quotidienne |
| Kimono en coton ou en laine | Hanhaba obi, Nagoya obi décontracté ou heko obi | Vie quotidienne et sorties décontractées |
| Yukata | Hanhaba obi ou heko obi | Festivals d’été, sorties estivales décontractées |
Il s’agit de recommandations générales, et non de combinaisons imposées.
Certains Nagoya obi finement tissés peuvent être portés avec des kimonos plus habillés, tandis que certains fukuro obi sont spécialement conçus pour des tenues décontractées.
La présence et le nombre d’armoiries familiales (kamon), l’occasion ainsi que les usages propres au contexte doivent également être pris en compte.
C’est pourquoi je trouve utile de distinguer deux questions :
De quel type d’obi s’agit-il ?
Quel est le niveau de formalité de cet obi en particulier ?
La première question nous renseigne sur sa confection et sa catégorie générale. La seconde nous invite à examiner sa matière, son tissage, ses motifs et l’usage auquel il est destiné.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les différents types de kimono et leurs niveaux de formalité, consultez notre article Comprendre les niveaux de formalité du kimono.
La présence d’or ou d’argent rend-elle un obi formel ?
Les fils d’or et d’argent sont fréquemment utilisés dans les obis formels, notamment ceux portés lors des mariages et des célébrations.
Mais leur présence ne suffit pas, à elle seule, à déterminer le niveau de formalité d’un obi.
Un obi richement tissé, orné de motifs classiques symbolisant le bonheur ou la bonne fortune, peut convenir à des cérémonies formelles. À l’inverse, un autre obi peut comporter quelques touches d’or ou d’argent dans un motif fantaisiste ou moderne, tout en restant destiné à des tenues décontractées.
Pour évaluer le niveau de formalité d’un obi, il faut donc prendre en compte son tissage, ses matières, ses motifs et son style général, et pas seulement la présence de fils métalliques.
Obi tissés et obi teints
Lorsque l’on associe un kimono et un obi, on rencontre parfois un conseil traditionnel :
Un obi tissé avec un kimono teint.
Un obi teint avec un kimono tissé.
Ici, les termes tissé et teint font référence à la manière dont les motifs sont réalisés : directement intégrés au tissu lors du tissage ou obtenus par teinture.
Ce principe reflète non seulement des différences de texture, mais aussi des conceptions traditionnelles du niveau de formalité.
Par exemple, un hōmongi formel est souvent associé à un obi richement tissé, tandis qu’un tsumugi décontracté peut être porté avec un Nagoya obi teint.
Mais ce ne sont pas des règles absolues.
Un komon teint peut également être associé à un obi teint, tout comme un tsumugi peut être porté avec un obi tissé décontracté. Ces deux associations sont couramment appréciées dans les tenues en kimono du quotidien.
Choisir les couleurs et les motifs d’un obi
Une fois que l’obi convient au kimono et à l’occasion, nous pouvons explorer l’un des aspects les plus agréables du port du kimono : associer les couleurs et les motifs pour créer l’impression que nous souhaitons.
Il existe plusieurs façons d’aborder cela.
Associer des couleurs proches
Choisir un obi dans la même famille de couleurs que le kimono peut créer une apparence calme et harmonieuse.
Par exemple, un kimono bleu pâle associé à un obi d’un bleu plus profond peut donner une impression élégante et unifiée.

Des différences de nuance, de texture ou de motif peuvent ajouter de la profondeur sans introduire une couleur contrastée.
Reprendre une couleur présente dans le motif du kimono
C’est l’une des approches les plus faciles pour les débutants.
Imaginez un kimono orné de petites fleurs dans des tons crème, rose et vert.
Choisir un obi qui reprend le rose ou le vert peut créer un lien naturel entre les deux textiles.
L’obi n’a pas besoin de reprendre la couleur principale du fond du kimono. Parfois, une couleur discrète cachée dans un petit détail du motif offre une possibilité plus intéressante.

Créer du contraste
Choisir un obi contrasté peut donner à la tenue un impact visuel plus fort.
Par exemple, un obi sombre sur un kimono clair peut donner plus de relief à l’ensemble.

Associer des couleurs chaudes et des couleurs froides peut créer une impression plus audacieuse et plus expressive.
Mais le contraste n’a pas toujours besoin d’être spectaculaire. Même de subtiles différences de luminosité ou de tonalité peuvent modifier l’équilibre d’une tenue.
Associer différents motifs
Un kimono à motifs doit-il toujours être accompagné d’un obi uni ?
Pas nécessairement.
Associer différents motifs est un autre plaisir dans l’art de porter le kimono.
Une approche consiste à observer la taille et la densité des motifs.
Par exemple, un kimono couvert de petites fleurs répétées peut très bien s’accorder avec un obi orné d’un grand motif bien affirmé.
Un kimono aux motifs denses peut également être mis en valeur par un obi dont le décor laisse davantage d’espaces libres.
Même deux textiles richement décorés peuvent former une belle association, notamment lorsqu’ils partagent certaines couleurs ou présentent des motifs de tailles différentes.
Il n’existe pas de formule unique. L’essentiel est d’observer comment les deux motifs dialoguent entre eux, plutôt que de les considérer séparément.
Un même kimono, plusieurs obi
Si vous possédez plusieurs obi qui pourraient convenir à un même kimono, essayez de les poser tour à tour sur celui-ci avant de faire votre choix.
Comparez leurs couleurs, leurs textures et leurs motifs. L’un attire-t-il l’attention sur un détail particulier du kimono ? Un autre adoucit-il un motif audacieux ou crée-t-il un contraste plus marqué ?

Vous découvrirez peut-être qu’un obi auquel vous n’aviez pas pensé révèle une beauté de votre kimono que vous aviez à peine remarquée.
Faut-il tenir compte des saisons pour choisir un obi ?
Comme les kimonos, les obi peuvent évoquer les saisons à travers leurs matières, leurs couleurs et leurs motifs.
Les obi d’été, par exemple, peuvent présenter des tissages légers et aérés comme le ro, le sha ou le ra, tandis que les motifs saisonniers peuvent évoquer une période particulière de l’année.
Mais lorsque l’on choisit un obi, il faut également réfléchir à la manière dont ses caractéristiques saisonnières s’accordent avec celles du kimono.
Par exemple, un obi au tissage ajouré en ro n’est généralement pas associé à un kimono doublé awase en hiver. Leurs tissus correspondent à des styles saisonniers très différents.
Cependant, les périodes de transition entre les saisons offrent davantage de souplesse.
À la fin du printemps, on peut commencer à porter un obi plus léger avant même de passer au kimono d’été. De même, au début de l’automne, un kimono non doublé hitoe peut être associé à un obi d’été, avant de revenir progressivement à des obi qui ne sont pas spécifiquement destinés à cette saison.
Le moment de ces changements peut varier selon le climat, l’occasion et les traditions suivies.
Lorsque l’on associe un kimono et un obi, il est donc utile de considérer leurs matières et leurs textures ensemble, plutôt que de les envisager séparément.
Pour en savoir plus sur les tissus saisonniers, les motifs et les traditions qui les entourent, découvrez notre article Le kimono et les saisons : Awase, Hitoe et motifs saisonniers.
Comment le nouage de l’obi transforme l’allure générale
La manière dont un obi est noué peut considérablement modifier son apparence.
Certains nœuds créent des formes nettes et compactes, tandis que d’autres jouent avec les plis et les boucles pour apporter du volume et du mouvement.
La forme finale du nœud fait ainsi partie intégrante du style de la tenue en kimono.
Ichijū-daiko — Le nœud taiko à simple épaisseur
L’ichijū-daiko est un nœud traditionnel dont le taiko, la partie repliée de l’obi visible dans le dos, est formé d’une seule épaisseur.

Il est généralement réalisé avec un Nagoya obi et se porte souvent avec des kimonos du quotidien, comme les komon et les tsumugi. Selon l’obi choisi, il peut également convenir à des occasions plus habillées.
Sa forme simple et structurée permet de mettre joliment en valeur les motifs tissés ou teints de l’obi.
Nijū-daiko — Le nœud taiko à double épaisseur
Le nijū-daiko se caractérise par deux épaisseurs superposées dans la partie repliée du taiko, à l’arrière.
Il est généralement réalisé avec un fukuro obi et se porte couramment avec des kimonos formels ou semi-formels, comme les tomesode et les hōmongi.

Les deux épaisseurs superposées sont traditionnellement associées au souhait de voir le bonheur et les occasions heureuses se renouveler. C’est ce qui donne à ce nœud une signification particulière lors des célébrations.
Nœuds décoratifs pour le furisode
Les furisode sont souvent associés à des nœuds d’obi élaborés et décoratifs.
Le fukura-suzume crée des formes arrondies, semblables à des ailes, tandis que le tateya forme un grand nœud disposé en diagonale.
Ces nœuds apportent du volume et du mouvement à l’arrière de la tenue, en harmonie avec l’allure festive du furisode.

Nœuds décontractés avec le hanhaba obi et le heko obi
Les hanhaba obi peuvent être noués de différentes manières, du bunko-musubi, en forme de nœud, au kai-no-kuchi, plus compact.

Les heko obi offrent d’autres possibilités, grâce à leurs tissus souples qui créent des plis fluides et des nœuds volumineux.
Ces différentes formes peuvent donner à une tenue une impression plus ludique, détendue ou contemporaine.
La manière dont un obi est noué peut aussi modifier les parties de son motif qui restent visibles.
Longueur de l’obi et emplacement des motifs
Même lorsqu’un obi s’accorde avec votre kimono en termes de style et de niveau de formalité, sa longueur et l’emplacement de ses motifs peuvent influencer son apparence une fois porté.
La longueur vous convient-elle ?
Les obi varient en longueur, et les pièces anciennes peuvent être sensiblement plus courtes que les modèles modernes.
La longueur nécessaire dépend de votre morphologie et de la manière dont vous souhaitez nouer l’obi. Une longueur suffisante pour un nœud taiko simple peut ne pas convenir à un nouage plus élaboré.
Où les motifs apparaîtront-ils ?
Tous les obi ne présentent pas des motifs sur toute leur longueur.
On distingue trois dispositions courantes :
Zentsū-gara — Motif sur toute la longueur
Le motif s’étend sur pratiquement toute la longueur de l’obi.
Rokutsū-gara — Motif sur six dixièmes
Le motif couvre environ six dixièmes de l’obi, laissant moins décorées les parties qui restent normalement cachées une fois l’obi noué.
Otaiko-gara — Motif placé
Les motifs sont disposés pour apparaître à des endroits précis, en particulier à l’avant du corps et sur le taiko dans le dos.
Avec un obi otaiko-gara, l’emplacement des motifs est particulièrement important.

Les maru obi présentent traditionnellement un motif sur toute leur longueur, tandis que les fukuro obi et les Nagoya obi peuvent adopter l’une ou l’autre de ces trois dispositions.
Selon votre morphologie et la manière dont l’obi est noué, un motif peut apparaître à un endroit légèrement différent de celui que l’on imaginait.
Comprendre ces différentes dispositions permet de réfléchir non seulement à l’aspect d’un obi posé à plat, mais aussi à la manière dont son dessin apparaîtra une fois porté.
Et l’obiage et l’obijime ?
L’obi n’est pas le seul élément qui contribue à l’harmonie d’une tenue.
Avec les nœuds taiko traditionnels, deux accessoires supplémentaires sont généralement visibles : l’obiage et l’obijime.
L’obiage est une pièce de tissu visible au-dessus de l’obi. Il recouvre et aide à maintenir en place l’obimakura, un petit coussin qui sert à soutenir la forme du taiko.
L’obijime est un cordon décoratif noué autour de l’obi, qui contribue également à maintenir le nœud en place.
Tous deux apportent de la couleur et de la texture à la tenue.

Un simple changement de couleur de l’obiage ou de l’obijime peut créer une impression différente, même lorsque le kimono et l’obi restent les mêmes.
Les nœuds décontractés réalisés avec un hanhaba obi ou un heko obi ne nécessitent souvent pas ces accessoires. Lorsqu’ils sont utilisés, il faut également tenir compte de leur niveau de formalité et de leurs caractéristiques saisonnières.
Choisir son obi avec soin
Un obi n’a pas besoin d’être le plus audacieux ni le plus élaboré pour être le bon choix.
Mais une belle association ne dépend pas seulement de l’effet visuel produit par les deux étoffes. L’occasion, le cadre et les personnes qui nous entourent comptent également.
Comprendre les différents types d’obi, leurs niveaux de formalité et leurs motifs nous aide à faire nos choix avec davantage d’attention et de créativité.
Parfois, l’obi le plus polyvalent est exactement ce dont nous avons besoin. D’autres fois, un choix différent peut révéler quelque chose de particulier dans un kimono.
Je tiens toujours autant à l’obi clair en Hakata-ori que j’ai acheté lorsque j’ai commencé à porter le kimono. C’était un excellent choix à l’époque, et il l’est encore aujourd’hui.
Ce qui a changé, c’est ma façon d’envisager les possibilités.
Pour moi, le plaisir de choisir un obi ne consiste pas simplement à en trouver un qui s’accorde avec le kimono, mais à découvrir comment le kimono et l’obi peuvent se mettre mutuellement en valeur.
Sources
- Association des industries textiles de Nishijin — Les différents types d’obi. Classification traditionnelle des obi, leur confection et leurs usages courants. (En japonais)
- Association des industries textiles de Nishijin — Les dimensions des obi. Dimensions des obi et éléments à prendre en compte pour leur ajustement et leur nouage. (En japonais)
- The Metropolitan Museum of Art — Beauty of the Kanbun Era. Une peinture japonaise du XVIIe siècle illustrant les obi plus étroits portés à l’époque Kanbun.
- The Metropolitan Museum of Art — Wedding Obi (Sash). La confection, le savoir-faire artisanal et l’importance cérémonielle du maru obi formel.
- Bibliothèque municipale de Nagoya — Les origines du Nagoya obi. Recherches historiques sur Haruko Koshihara et le développement du Nagoya obi. (En japonais)
- Musée national de Kyoto — Obi (maru obi) aux papillons et aux fleurs composites. Un exemple historique de maru obi tissé à Nishijin datant de l’époque Taishō.



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