Lorsque j’ai commencé à découvrir l’univers du kimono, quelqu’un m’a dit une chose que je n’ai jamais oubliée.
Au cœur de l’été, l’un des choix traditionnels est de porter un kimono en ro, une étoffe de soie légère et ajourée. Même ce type de kimono peut donner chaud (surtout pendant les étés chauds et humides du Japon, croyez-moi ! 😅). On porte tout de même plusieurs couches en dessous, ainsi qu’un obi noué autour de la taille. Pourtant, son apparence délicate et aérienne peut apporter une sensation de fraîcheur à ceux qui le regardent.
On m’a alors expliqué que le kimono ne se porte pas seulement pour soi, mais aussi pour les personnes qui nous entourent.
Cette idée ne m’a jamais quittée.
Elle m’a fait comprendre que s’habiller en kimono au fil des saisons ne consiste pas simplement à s’adapter à la météo. C’est aussi une manière d’exprimer une saison et de partager cette sensation avec les autres.
Mais lorsqu’on commence à découvrir le kimono, les traditions liées aux saisons peuvent sembler étonnamment complexes.
Qu’est-ce qui change dans un kimono d’une saison à l’autre ?
Peut-on porter un motif de fleurs de cerisier lorsque les cerisiers sont justement en fleurs ?
Et que faire si l’on vit dans un pays où les saisons sont différentes de celles du Japon ?
Dans cet article, nous explorerons comment les tissus, les couleurs et les motifs expriment les saisons, comment ces traditions ont évolué au fil du temps et comment nous pouvons les aborder aujourd’hui, où que nous vivions.
Dans cet article
• Qu’est-ce qui rend un kimono adapté à une saison ?
— Awase — Kimono doublé
— Hitoe — Kimono non doublé
— Usumono — Kimono léger pour l’été
— Le calendrier traditionnel du kimono
— Yukata et kimono d’été : quelle différence ?
• Comment le calendrier saisonnier du kimono est-il devenu une tradition ?
• Comment le kimono exprime les quatre saisons
• Les motifs du kimono doivent-ils toujours correspondre à la saison ?
— Anticiper l’arrivée de la saison
— Quand plusieurs saisons se rencontrent sur un même kimono
— Quand le kimono évoque la saison opposée
• Et si les saisons sont différentes là où vous vivez ?
• La saison est un langage, pas seulement une règle
Qu’est-ce qui rend un kimono adapté à une saison ?
À première vue, les kimonos semblent conserver la même forme tout au long de l’année.
Mais en y regardant de plus près, on découvre que leur confection et les tissus utilisés peuvent varier selon les saisons.
Traditionnellement, on distingue trois grandes catégories de kimonos selon les saisons : awase, hitoe et usumono.

Awase — Kimono doublé
L’awase est un kimono confectionné avec une doublure.
Cette couche supplémentaire lui donne davantage de poids et de chaleur, ce qui le rend adapté aux périodes plus fraîches.
Selon le calendrier traditionnel généralement enseigné aujourd’hui, l’awase se porte en principe d’octobre à mai.
Hitoe — Kimono non doublé
Le hitoe est un kimono dépourvu de doublure complète.
De l’extérieur, il peut sembler presque identique à un awase, mais il est généralement plus léger grâce à l’absence de doublure.
Traditionnellement, le hitoe est associé aux mois de juin et de septembre, lorsque les saisons sont en transition.
Usumono — Kimono léger pour l’été
Le terme usumono désigne les kimonos légers, confectionnés dans des tissus adaptés à la saison estivale.
Parmi les exemples les plus connus figurent le ro et le sha, deux étoffes de soie ajourées, dont le tissage permet une meilleure circulation de l’air.

Le chanvre et la ramie sont également utilisés depuis des siècles pour confectionner des vêtements d’été.
Traditionnellement, l’usumono est associé aux mois de juillet et d’août.
Le calendrier traditionnel du kimono

Il s’agit des recommandations traditionnellement enseignées, plutôt que de règles suivies de manière identique par toutes les personnes qui portent le kimono.
Une distinction importante est que le hitoe et l’usumono sont tous deux des kimonos sans doublure. Ce qui différencie souvent un kimono d’été, c’est avant tout le tissu lui-même.
Et le kimono n’est pas le seul élément qui change avec les saisons. L’obi, les sous-vêtements traditionnels et les accessoires peuvent eux aussi refléter la saison.
Yukata et kimono d’été : quelle différence ?
Le yukata est souvent présenté comme un « kimono d’été », mais il n’appartient pas à la même catégorie que l’usumono.
Alors que l’usumono désigne un kimono d’été léger et ajouré, pouvant correspondre à différents niveaux de formalité, le yukata est un type particulier de kimono, traditionnellement associé à une tenue estivale décontractée.

Pour comprendre cette différence, il est important de distinguer la manière dont un kimono est confectionné pour une saison donnée et le type de kimono auquel il appartient.
Les termes awase, hitoe et usumono désignent des différences de confection et de tissus adaptés aux saisons. Ils ne déterminent pas si un kimono est formel ou décontracté.
Les différents types de kimonos, tels que le furisode, le kurotomesode, le hōmongi, le tsukesage et le komon, correspondent à différents niveaux de formalité. Chacun peut être confectionné dans des tissus et selon des techniques adaptés aux saisons, même si certaines combinaisons, notamment les kimonos d’été très formels, sont relativement rares.
Autrement dit, la confection saisonnière d’un kimono et son niveau de formalité sont deux aspects distincts d’un même vêtement.
Pour en savoir plus sur les différents types de kimonos et leurs niveaux de formalité, consultez Comprendre les niveaux de formalité du kimono.
Comment le calendrier saisonnier du kimono est-il devenu une tradition ?
Changer de vêtements en fonction du temps est une habitude que l’on retrouve partout dans le monde. Nous choisissons naturellement des tissus plus légers lorsqu’il fait chaud et des vêtements plus épais lorsque les températures baissent.
Au Japon, cependant, cette pratique quotidienne est également devenue une coutume culturelle appelée koromogae (衣替え), qui consiste à changer de vêtements au rythme des saisons.
Ses origines remontent à la cour impériale de l’époque de Heian (794–1185).
De la cour impériale à l’époque d’Edo
Le premier jour du quatrième et du dixième mois de l’ancien calendrier luni-solaire, la cour impériale procédait au changement des vêtements et des aménagements saisonniers, passant de ceux de l’été à ceux de l’hiver, et inversement.
Les vêtements portés à la cour étaient assez différents des kimonos que nous connaissons aujourd’hui, mais l’idée de marquer le passage des saisons à travers l’habillement faisait déjà partie de la vie de la cour japonaise.
Fait intéressant, les vêtements n’étaient pas les seuls éléments à changer. Les rideaux, les revêtements de sol et d’autres éléments d’ameublement étaient également remplacés pour marquer l’arrivée d’une nouvelle saison.
Au fil des siècles, les coutumes vestimentaires liées aux saisons sont devenues plus élaborées.
À l’époque d’Edo (1603–1868), par exemple, on portait des vêtements doublés pendant les périodes plus tempérées, des vêtements légers en chanvre pendant l’été et des vêtements ouatés durant les mois les plus froids.
Les Japonais changeaient ainsi de vêtements plusieurs fois dans l’année, selon des coutumes qui différaient du calendrier saisonnier que nous connaissons aujourd’hui.
Comment le calendrier saisonnier actuel s’est développé
Puis vint l’époque de Meiji (1868–1912), durant laquelle le Japon connut de profonds changements vestimentaires avec l’introduction des uniformes de style occidental.
Le 1er juin et le 1er octobre sont progressivement devenus les dates de référence pour passer des uniformes d’hiver à ceux d’été, et inversement.
Aujourd’hui encore, de nombreux Japonais associent le koromogae au changement des uniformes scolaires et des tenues de travail, même si les dates sont devenues plus souples dans de nombreux établissements.
Ce que je trouve intéressant, c’est que cette coutume a traversé les siècles, alors même que les styles vestimentaires, les dates et les façons de la pratiquer ont évolué.

Le calendrier saisonnier que nous connaissons aujourd’hui n’est donc pas un ensemble de règles immuables, transmises exactement sous la même forme depuis mille ans.
Peut-être que faire vivre cette coutume signifie aussi transmettre quelque chose qui va au-delà de la coutume elle-même.
Au-delà des différences de confection et de tissus, les kimonos peuvent également exprimer les saisons à travers leurs couleurs et leurs motifs.
Comment le kimono exprime les quatre saisons
L’un des aspects les plus fascinants du kimono est la manière dont la nature s’invite dans ses motifs.
Les fleurs, les oiseaux, l’eau qui coule, les feuilles et la neige sont bien plus que de simples éléments décoratifs. Ils peuvent évoquer une saison particulière, un paysage familier ou une sensation associée à une certaine période de l’année.
Cette relation entre la nature et l’expression artistique est profondément ancrée dans la culture japonaise.
Depuis des siècles, les images évoquant les saisons apparaissent dans la poésie, la peinture, les jardins et bien d’autres formes d’art. Le kimono est lui aussi devenu une magnifique manière d’exprimer le passage des saisons.
Les quatre saisons à travers les motifs du kimono
Voici quelques motifs représentatifs associés à chaque saison.
| Saison | Motifs représentatifs |
|---|---|
| Printemps | Fleurs de cerisier, fleurs de pêcher, glycines |
| Été | Hortensias, ipomées, iris, eau courante |
| Automne | Feuilles d’érable rouges, chrysanthèmes, lespédèzes, graminées susuki |
| Hiver | Neige, camélias, bambous couverts de neige, fleurs de prunier |

Ces exemples illustrent des associations saisonnières, et non des listes strictes de motifs qui ne pourraient être portés qu’à certains mois de l’année.
Certaines fleurs appartiennent naturellement aux périodes de transition entre les saisons. La glycine, par exemple, peut évoquer la fin du printemps ou le début de l’été, tandis que les fleurs de prunier annoncent la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps.
Même l’apparence d’une plante peut modifier sa signification saisonnière.
Les feuilles d’érable encore vertes peuvent évoquer le début de l’été, tandis que leurs teintes rouges sont fortement associées à l’automne.
Une même plante peut ainsi raconter une histoire saisonnière différente selon la manière dont elle est représentée.
Si vous souhaitez découvrir davantage de motifs de kimono et les significations qui leur sont associées, je vous invite à explorer le Dictionnaire des motifs de kimono AKIZAKURA.
Les saisons à travers les couleurs et les tissus
Les motifs ne sont pas la seule manière dont le kimono peut exprimer une saison. Les couleurs et les tissus jouent également un rôle important.
Les tons rose pâle peuvent rappeler les fleurs du printemps, tandis que les rouges profonds et les nuances dorées évoquent les feuilles d’automne.
Dès l’époque de Heian, les personnes de la cour impériale choisissaient d’ailleurs des associations de couleurs superposées pour refléter la beauté changeante de la nature.
Les tissus peuvent eux aussi créer leurs propres impressions saisonnières. La délicate transparence du ro et du sha, par exemple, donne aux kimonos d’été une apparence légère et aérienne.
Et parfois, l’évocation d’une saison ne passe ni par les fleurs ni par les feuilles.
Prenons l’exemple d’un motif représentant de l’eau qui s’écoule sur un kimono d’été.
Ce motif ne peut pas faire baisser la température, mais il peut évoquer la fraîcheur d’un ruisseau ou le doux mouvement de l’eau.
Ainsi, le kimono peut exprimer non seulement l’apparence d’une saison, mais aussi l’atmosphère qui lui est associée.
Et, fait intéressant, ces expressions saisonnières ne correspondent pas toujours à la saison que l’on vit réellement.
Les motifs du kimono doivent-ils toujours correspondre à la saison ?
Une fois que l’on commence à reconnaître les motifs saisonniers, une autre question se pose naturellement.
Si les fleurs de cerisier représentent le printemps, faut-il les porter uniquement au printemps ?
Et si les feuilles d’érable évoquent l’automne, cela signifie-t-il qu’un kimono orné de ces motifs ne peut être porté qu’en automne ?
La réponse n’est pas toujours aussi simple.
Anticiper l’arrivée de la saison
Dans l’art traditionnel de porter le kimono, il existe une sensibilité esthétique qui consiste à introduire certains motifs saisonniers un peu avant que la saison n’atteigne son apogée.
Par exemple, plutôt que d’attendre que les cerisiers soient en pleine floraison, on peut choisir un motif de fleurs de cerisier pour annoncer leur arrivée.
Le vêtement devient alors une manière d’accueillir la saison à venir.
Cette façon subtile d’anticiper la saison est l’une des expressions de l’iki (粋), une notion japonaise de raffinement discret.
Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il soit incorrect de porter des fleurs de cerisier lorsqu’elles sont en pleine floraison.
Il existe différentes interprétations, et la manière dont les fleurs sont représentées peut également avoir son importance.
Un motif naturaliste montrant des branches fleuries peut être plus étroitement associé au printemps, tandis qu’un motif de fleurs de cerisier simplifié et répété peut se porter plus librement tout au long de l’année.

Comprendre ces différences nous permet d’apprécier les motifs sous un autre angle, plutôt que d’y voir simplement une règle supplémentaire à mémoriser.
Quand plusieurs saisons se rencontrent sur un même kimono
Tous les motifs de kimono ne sont pas associés à une seule saison.
Certains vêtements réunissent des fleurs et des plantes qui évoquent différentes périodes de l’année.
Un exemple remarquable est un kosode du XVIe siècle conservé au Musée national de Kyoto.

Son décor est divisé en quatre parties, chacune représentant une saison différente : les fleurs de prunier pour le printemps, les glycines pour l’été dans cette composition particulière, les feuilles d’érable pour l’automne et les bambous couverts de neige pour l’hiver.
Les quatre saisons se retrouvent ainsi réunies sur un seul vêtement.
Un tel motif ne sert pas simplement à indiquer le mois pendant lequel le kimono devrait être porté. Il rassemble la beauté de tout le cycle des saisons dans une seule composition.
Cette approche existe encore aujourd’hui. Certains furisode formels, notamment ceux proposés à la location, associent des fleurs de différentes saisons, ce qui permet d’apprécier leurs motifs tout au long de l’année.
De même, les motifs traditionnels porte-bonheur et certains dessins très stylisés peuvent être portés sans être étroitement liés à une saison particulière.
La signification d’un motif ne dépend donc pas uniquement de la fleur ou de la plante représentée. La manière dont elle est dessinée et associée à d’autres éléments joue également un rôle.
Quand le kimono évoque la saison opposée
Un autre exemple surprenant se trouve dans les vêtements d’été anciens, parfois décorés de motifs associés à l’hiver.
Un katabira d’été de l’époque d’Edo, également conservé au Musée national de Kyoto, est orné de symboles porte-bonheur associés au Nouvel An, notamment des cordes sacrées, des langoustes et des motifs de filets.

Bien que ces motifs évoquent les célébrations hivernales, ce vêtement était porté comme une tenue formelle d’été.
Ces contrastes n’étaient pas nécessairement des erreurs. Ils pouvaient exprimer des souhaits de bonheur et de prospérité, tout en évoquant une sensation de fraîcheur.
Imaginez un kimono d’été décoré de flocons de neige, porté pendant les fortes chaleurs japonaises.
La saison à l’extérieur reste la même, mais les motifs nous invitent à imaginer une tout autre atmosphère.
Les motifs saisonniers peuvent ainsi accompagner une saison, annoncer son arrivée, réunir plusieurs saisons ou même créer un contraste volontaire.
Comprendre ces associations traditionnelles nous aide à reconnaître les intentions qui se cachent derrière les motifs.
Les motifs saisonniers ne sont pas simplement un calendrier imprimé sur du tissu. Ils sont aussi un moyen d’expression artistique.
Et si les saisons sont différentes là où vous vivez ?
Toutes ces traditions deviennent particulièrement intéressantes lorsque l’on porte le kimono en dehors du Japon.
Imaginez que vous portiez un kimono à Paris.
Au mois de mai, il peut déjà faire assez chaud à Tokyo, tandis que Paris peut encore connaître des températures fraîches. Les fleurs peuvent également s’épanouir à des périodes différentes.
Imaginez maintenant que vous viviez à Singapour, où les températures restent élevées tout au long de l’année et où les changements saisonniers sont davantage marqués par les moussons que par les quatre saisons distinctes que l’on connaît au Japon.
Alors, quelle saison votre kimono devrait-il suivre ?
Le calendrier japonais ? La météo autour de vous ? Ou la saison exprimée par les motifs ?
Pour y réfléchir, il est utile de prendre en compte trois éléments.
Le climat — De quoi votre corps a-t-il besoin ?
Comme nous l’avons vu précédemment, le calendrier traditionnel du kimono prévoit des mois spécifiques pour l’awase, le hitoe et l’usumono.
Cependant, le Japon connaît des températures de plus en plus élevées, et de nombreuses personnes qui portent le kimono adaptent aujourd’hui leurs choix à la température réelle, plutôt que de suivre strictement le calendrier traditionnel.
Pour un usage quotidien, les températures suivantes peuvent servir de repères pratiques :
| Température | Kimono recommandé |
|---|---|
| Moins de 20 °C (68 °F) | Awase — Kimono doublé |
| Environ 20 à 25 °C (68 à 77 °F) | Hitoe — Kimono non doublé |
| Plus de 25 °C (77 °F) | Usumono — Kimono léger pour l’été |
Il s’agit de recommandations approximatives, généralement fondées sur les températures en journée, et non de règles strictes. L’humidité, le confort personnel et l’environnement dans lequel vous passez votre temps jouent également un rôle important.
Par exemple, lorsque je me rendais à Singapour pour mon travail, je portais toujours un awase malgré la chaleur tropicale, car la climatisation à l’intérieur faisait souvent descendre la température en dessous de 20 °C ! 😅

Le calendrier traditionnel nous aide à comprendre les coutumes, tandis que la température nous donne un repère pratique pour choisir ce que nous portons aujourd’hui.
L’occasion — Quelle tenue est appropriée ?
Il y a une différence entre porter le kimono de manière décontractée et le porter lors d’une occasion où les coutumes traditionnelles occupent une place importante.
Lors d’une cérémonie solennelle ou d’une rencontre autour de la cérémonie du thé, certaines conventions saisonnières peuvent être attendues.
Dans ces situations, tenir compte de l’occasion et des personnes présentes fait partie de l’art de s’habiller de manière appropriée.
Pour les occasions plus décontractées, il existe souvent davantage de liberté dans les choix personnels.
Les motifs — Quelle saison souhaitez-vous exprimer ?
Parmi ces trois éléments, je pense que c’est ici que le choix personnel joue le rôle le plus important.
Si les cerisiers sont en fleurs là où vous vivez, vous aurez peut-être envie de célébrer le printemps qui vous entoure en portant un motif de fleurs de cerisier.
Mais que faire si vous vivez dans une région où le printemps et l’automne ne sont pas vraiment marqués ?
Vous pouvez choisir de suivre le calendrier saisonnier traditionnel japonais, ou simplement apprécier les images et les significations saisonnières exprimées par les motifs.
Ce sont différentes manières d’apprécier les traditions culturelles qui entourent le kimono.
Après tout, ces coutumes se sont développées dans le contexte du climat, de l’histoire et des traditions saisonnières propres au Japon.
Comprendre ce contexte nous permet d’apprécier les recommandations traditionnelles, tout en réfléchissant à la manière dont elles peuvent s’intégrer à notre vie ailleurs dans le monde.
Plutôt que de nous demander simplement quelle est la bonne saison, nous pouvons aussi nous poser cette question :
Quelle saison ai-je envie d’exprimer à travers ce kimono ?
La saison est un langage, pas seulement une règle
Au début, le calendrier traditionnel du kimono peut donner l’impression d’être un ensemble de règles à mémoriser.
Quel tissu correspond à quel mois ? À quelle période peut-on porter un motif floral particulier ?
Mais comme nous l’avons découvert, ces traditions ne se résument pas simplement à choisir le bon moment.
Les coutumes saisonnières ont évolué au fil des siècles. Un motif de kimono peut annoncer une saison avant son arrivée, réunir les quatre saisons ou même évoquer une sensation de fraîcheur au cœur de l’été.
Cela ne signifie pas pour autant que les recommandations traditionnelles perdent leur importance. Les comprendre nous aide à reconnaître le sens qui se cache derrière le choix d’un tissu, d’une couleur ou d’un motif.
Au début de cet article, je vous ai confié une chose que l’on m’avait enseignée autrefois : le kimono ne se porte pas seulement pour soi, mais aussi pour les personnes qui nous entourent.
Je crois que les saisons exprimées à travers le kimono sont, elles aussi, quelque chose que nous pouvons partager avec les autres.
Et lorsque nous portons un kimono, nous ne faisons pas que suivre une tradition. À travers notre manière de nous habiller, nous pouvons nous aussi exprimer les saisons.
La tradition nous offre une base, tandis que le climat, l’occasion et le lieu où nous vivons contribuent à façonner nos choix d’aujourd’hui.
En comprenant le langage des saisons, nous pouvons apprécier non seulement la manière dont le kimono se porte, mais aussi ce qu’il exprime.
Sources
- Bibliothèque nationale de la Diète du Japon, Base de données collaborative des références. Histoire du koromogae (changement saisonnier des vêtements). (En japonais)
- Encyclopédie Nipponica, Shōgakukan. Koromogae — Changement saisonnier des vêtements et des éléments d’ameublement. (En japonais)
- École de kimono Ichiru. Choisir son kimono en fonction de la température. (En japonais)
- Musée du costume de Kyoto. Kasane no irome — Associations de couleurs superposées selon les saisons. (En japonais)
- École de kimono Ichiru. Les motifs de fleurs de cerisier et leur saisonnalité dans le kimono. (En japonais)
- Musée national de Kyoto. Kosode aux motifs végétaux des quatre saisons, XVIe siècle. (En japonais)
- Musée national de Kyoto. Katabira (kimono d’été) aux motifs de langoustes, de filets et de cordes sacrées shintoïstes, époque d’Edo. (En anglais)
- Metropolitan Museum of Art. Kimono à longues manches (furisode) aux motifs d’hortensias et de fleurs de cerisier. (En anglais)



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