Dans le premier article de cette série, nous avons vu comment la formalité du kimono reflète l’occasion, le rôle de la personne qui le porte et les détails de l’ensemble de la tenue. Un mariage japonais traditionnel rend ces relations particulièrement visibles.
La mariée, les mères et les autres femmes de la famille peuvent porter différents types de kimono selon leur rôle au sein du mariage. Le shiromuku, l’iro-uchikake, le hikifurisode, le kurotomesode et l’irotomesode ne sont pas de simples variations de couleur ou de décoration ; chacun peut exprimer un rôle différent dans la célébration.
Dans cet article, nous verrons qui porte traditionnellement ces vêtements, en quoi ils diffèrent et comment les tenues de mariage peuvent rendre visibles les rôles et les relations qui entourent l’union.
Dans cet article
・Qui porte quoi lors d’un mariage japonais ?
・Kimono porté par la mariée
— Shiromuku — La tenue de mariée entièrement blanche
— Iro-uchikake — Couleur et célébration
— Hikifurisode — Un kimono de mariée à l’ourlet traînant
— Comparaison entre les ensembles avec uchikake et le hikifurisode
— Comment porter les longs ourlets des tenues de mariée
— Coiffes traditionnelles de la mariée
・Kimonos portés par les femmes de la famille
— Kurotomesode — Le kimono le plus formel pour les femmes mariées
— Pourquoi porte-t-on du noir lors d’un mariage ?
— Irotomesode — Une élégance formelle au-delà du noir
— Kurotomesode et Irotomesode
・Motifs de bon augure dans les kimonos de mariage
・Le kimono de mariage dans le Japon d’aujourd’hui
・Un mariage raconté à travers les vêtements
Qui porte quoi lors d’un mariage japonais ?
Le tableau suivant en donne un aperçu simple.
| Personne | Kimono généralement porté |
|---|---|
| Mariée | Shiromuku, iro-uchikake ou hikifurisode |
| Marié | Montsuki haori noir formel et hakama |
| Mères et proches parentes mariées | Kurotomesode |
| Parentes célibataires et invitées | Furisode |
| Parentes, qu’elles soient mariées ou célibataires | Irotomesode |
| Parentes et invitées, qu’elles soient mariées ou célibataires | Hōmongi |
Ce tableau constitue un guide général. Le choix final peut dépendre de la relation de la personne avec les mariés, de son statut marital, des traditions familiales, du lieu, des usages régionaux et du niveau de formalité du mariage.
Remarque : dans cet article, nous nous concentrerons sur cinq types de kimono féminin portés lors des mariages japonais : le shiromuku, l’iro-uchikake, le hikifurisode, le kurotomesode et l’irotomesode. Le furisode et le hōmongi seront abordés dans des articles ultérieurs de cette série.
Kimono porté par la mariée
Shiromuku — La tenue de mariée entièrement blanche
Le shiromuku est l’une des formes les plus reconnaissables de la tenue de mariée japonaise traditionnelle.
Son nom associe shiro, qui signifie « blanc », et muku, un terme lié à l’idée de pureté et qui, dans le domaine du vêtement, peut désigner des couches réalisées dans une même couleur. Dans sa forme traditionnelle, la mariée porte un vêtement extérieur blanc sur plusieurs couches nuptiales blanches, tandis que l’obi et les accessoires sont eux aussi coordonnés en blanc.
Bien qu’un shiromuku puisse sembler simple lorsqu’on l’observe de loin, il est souvent richement orné de motifs. Des dessins tissés, des broderies et les variations de lumière sur le tissu peuvent faire apparaître des grues, des pins, des fleurs de saison et d’autres motifs de bon augure.
Comme la couleur reste volontairement sobre, la texture du tissu et le savoir-faire artisanal deviennent particulièrement visibles.

Le blanc est depuis longtemps associé à la pureté et au caractère sacré dans la tradition nuptiale japonaise. Une autre interprétation bien connue veut qu’une mariée entièrement vêtue de blanc soit prête à « prendre les couleurs de sa nouvelle famille ». Ensemble, ces différentes significations confèrent au shiromuku sa dignité calme et solennelle, et le rendent particulièrement adapté au début cérémoniel d’un mariage.
Il est particulièrement associé aux cérémonies de mariage shinto, bien qu’il puisse également être porté pour des séances photo de mariage, des réceptions ou des cérémonies organisées dans d’autres contextes.
Iro-uchikake — Couleur et célébration
L’iro-uchikake est un somptueux vêtement extérieur de mariée richement décoré.
Le mot iro signifie « couleur ». Uchikake désigne un vêtement extérieur porté par-dessus le kakeshita — le kimono de mariée porté en dessous — ainsi que l’obi. Il reste ouvert et n’est pas maintenu par un autre obi à l’extérieur. Son long ourlet rembourré repose sur le sol et se prolonge derrière la mariée.

À l’inverse de la sobriété monochrome du shiromuku, l’iro-uchikake peut associer des couleurs vives, des brocarts de soie, des broderies ainsi que des fils d’or ou d’argent.
Sa palette peut comprendre du rouge, de l’or, du vert, du bleu, de l’orange, du rose, du noir, et même des fonds blancs animés de décorations colorées. Les motifs représentent souvent des images de bon augure telles que des grues, des pins, du bambou, des fleurs de prunier, des pivoines, des chrysanthèmes, des éventails, des phénix, des chars de cour, de l’eau en mouvement ou encore des nuages.
Selon le motif, ces décors peuvent exprimer des souhaits de longévité, de prospérité, d’harmonie conjugale, de bonne fortune et d’un avenir florissant.
Le rouge occupe une place particulièrement importante dans les kimonos de mariée, apportant chaleur, vitalité et une présence festive. L’or accentue l’éclat et la splendeur cérémonielle du vêtement. Par la couleur et les motifs de bon augure, l’iro-uchikake donne une forme visible à la joie du mariage et aux espoirs placés dans l’avenir du couple.
Certaines mariées choisissent l’iro-uchikake pour la cérémonie elle-même, tandis que d’autres passent du shiromuku à l’iro-uchikake au cours de la réception. Ce changement de tenue de mariée est appelé oironaoshi. Historiquement, l’oironaoshi trouve son origine dans la coutume consistant à quitter une tenue nuptiale entièrement blanche pour revêtir des vêtements colorés après la cérémonie de mariage formelle. Aujourd’hui, le terme est utilisé de manière plus large pour désigner tout changement de tenue de la mariée au cours de la célébration.
Dans la pratique contemporaine du mariage, le shiromuku et l’iro-uchikake sont tous deux considérés comme des tenues de mariée hautement formelles. Leur principale différence réside dans leur expression visuelle plutôt que dans leur rang.
| Shiromuku | Iro-uchikake |
|---|---|
| Traditionnellement entièrement blanc | Richement coloré |
| Impression calme et solennelle | Impression éclatante et festive |
| Les textures ton sur ton et les motifs ressortent | Les contrastes de couleurs, les décorations métalliques et les motifs ressortent |
Hikifurisode — Un kimono de mariée à l’ourlet traînant
Le hikifurisode est un furisode de mariée formel dont l’ourlet traîne sur le sol.
Dans ce nom, hiki fait référence à la manière dont l’ourlet est porté en se prolongeant derrière la personne. Furisode désigne le kimono formel à longues manches qui sera présenté dans la Partie 3.
À première vue, un hikifurisode peut ressembler à un furisode porté lors d’une cérémonie de passage à l’âge adulte, mais sa longueur supplémentaire conçue pour traîner sur le sol, son ourlet rembourré, sa manière d’être porté et son rôle cérémoniel le distinguent en tant que tenue de mariée.
Contrairement à une tenue avec uchikake, le hikifurisode n’est pas recouvert d’un vêtement extérieur supplémentaire. L’obi reste entièrement visible, ce qui fait de sa couleur, de ses motifs et de la manière dont il est noué des éléments importants de l’ensemble nuptial.

La mariée le porte sans former le pli habituel de l’ohashori, ce qui permet à l’ourlet allongé de reposer sur le sol et de se prolonger derrière elle. L’ourlet est rembourré afin de lui donner du poids et de créer une ligne fluide et élégante.
Cela crée une silhouette plus épurée, dans laquelle l’obi visible, les longues manches et l’ourlet traînant peuvent tous être pleinement appréciés.
Une forme particulièrement emblématique est le kuro-hikifurisode, ou hikifurisode noir, depuis longtemps associé à la tenue de mariée japonaise traditionnelle. Son fond sombre met en valeur les motifs dorés, rouges, blancs et autres couleurs riches, créant une allure nuptiale à la fois majestueuse et spectaculaire.
Comparaison entre les ensembles avec uchikake et le hikifurisode
| Shiromuku et iro-uchikake | Hikifurisode |
|---|---|
| Un vêtement extérieur est porté par-dessus le kakeshita et l’obi | Aucun uchikake extérieur n’est ajouté |
| L’obi est recouvert par le vêtement extérieur | L’obi reste visible |
| Silhouette plus superposée et volumineuse | Silhouette plus épurée |
| Le vêtement extérieur se prolonge derrière la mariée | C’est l’ourlet du kimono lui-même qui se prolonge derrière la mariée |
Comment porter les longs ourlets des tenues de mariée
Le shiromuku, l’iro-uchikake et le hikifurisode sont tous conçus pour être portés avec de longs ourlets traînant sur le sol. Lorsque l’on souhaite conserver toute la silhouette cérémonielle, notamment pendant une cérémonie ou pour des portraits posés, l’ourlet peut être entièrement abaissé et soigneusement disposé afin de mettre en valeur la forme générale du vêtement et ses décorations.
Lorsque la mariée doit marcher ou se déplacer à l’extérieur, l’ourlet peut au contraire être relevé à la main ou, selon le vêtement et le contexte, maintenu à l’aide d’une méthode appelée okarage. Cela permet de protéger le vêtement tout en facilitant les déplacements de la mariée.

Coiffes traditionnelles de la mariée
Des coiffes nuptiales traditionnelles peuvent être portées avec les kimonos de mariage japonais, selon le vêtement choisi et le style de la cérémonie.
Le wataboshi est une grande coiffe blanche arrondie, traditionnellement portée avec le shiromuku, généralement pendant la cérémonie de mariage.

Le tsunokakushi est une bande étroite de tissu blanc disposée sur une coiffure de mariée traditionnelle. Contrairement au wataboshi, il peut être associé au shiromuku, à l’iro-uchikake ou au hikifurisode.
Ces deux coiffes trouvent leur origine dans d’anciennes formes de couvre-chefs féminins avant de devenir des éléments de la tenue nuptiale formelle. Aujourd’hui, les mariées peuvent également choisir des coiffures modernes et des ornements de cheveux en fonction du style de leur mariage.
Kimonos portés par les femmes de la famille
Kurotomesode — Le kimono le plus formel pour les femmes mariées
Le kurotomesode est traditionnellement considéré comme le kimono le plus formel porté par les femmes mariées lors d’occasions festives.
Il possède un fond noir, avec les motifs décoratifs concentrés dans la partie inférieure du vêtement. Le dessin se prolonge généralement d’une couture à l’autre, formant une composition unifiée autour de l’ourlet, tandis que le haut du corps reste sobre, à l’exception de cinq armoiries familiales :
- Une au centre du dos
- Une de chaque côté de la poitrine
- Une au dos de chaque manche
Le kurotomesode est également généralement doté d’une couche blanche appelée hiyoku, qui donne l’apparence d’un second kimono blanc porté en dessous.
Dans les mariages japonais contemporains, le kurotomesode est le plus souvent porté par les mères de la mariée et du marié. D’autres proches parentes mariées peuvent également le porter, selon les traditions familiales, leur relation avec le couple et le niveau de formalité du mariage.
Malgré son fond noir, le kurotomesode est une tenue de célébration et non une tenue de deuil. Les motifs autour de l’ourlet peuvent associer teinture, broderie, fils d’or et d’argent et feuilles métalliques, avec des motifs classiques et de bon augure tels que des grues, des éventails, des pins, des fleurs, de l’eau en mouvement ou encore des chars de cour.

Pourquoi porte-t-on du noir lors d’un mariage ?
Dans la tenue formelle japonaise, le noir n’est pas réservé exclusivement au deuil. Le style centré sur les motifs de l’ourlet, appelé edozuma, s’est développé pendant l’époque d’Edo, tandis que la forme moderne du kurotomesode noir à cinq armoiries s’est progressivement établie comme tenue formelle pour les femmes mariées à partir de l’ère Meiji.
Dans le kurotomesode, la signification vient de l’ensemble du vêtement et non du seul fond noir. Les cinq armoiries expriment le niveau de formalité, tandis que l’ourlet richement décoré et les motifs de bon augure indiquent clairement qu’il s’agit d’une tenue destinée à la célébration.
Visuellement, le fond noir apporte dignité et sobriété au vêtement tout en faisant ressortir les couleurs, les ornements dorés et argentés ainsi que le travail minutieux des motifs de l’ourlet. L’ensemble crée une allure posée et distinguée, particulièrement adaptée à la mère de la mariée ou du marié, ou à une autre proche parente mariée.
Irotomesode — Une élégance formelle au-delà du noir
L’irotomesode possède un fond d’une couleur autre que le noir. Comme le kurotomesode, sa décoration est concentrée dans la partie inférieure du vêtement et forme généralement une composition continue d’une couture à l’autre, tandis que le haut du corps reste en grande partie sobre.
Son fond peut aller de tons pastel doux à des nuances plus profondes de bleu, de vert, de gris, de violet et d’autres couleurs. Comparée au fond noir du kurotomesode, la couleur peut donner au vêtement une impression visuelle plus douce ou plus légère, tout en conservant sa dignité formelle.

L’irotomesode peut porter cinq armoiries, trois armoiries ou une seule armoirie. Lorsqu’il est doté de cinq armoiries et d’une couche blanche formelle appelée hiyoku, l’irotomesode possède le même niveau de formalité que le kurotomesode. Les versions à trois ou une armoirie sont moins formelles et peuvent être portées dans un éventail plus large d’occasions.
Contrairement au kurotomesode, traditionnellement porté par les femmes mariées, l’irotomesode peut être porté aussi bien par des femmes mariées que célibataires.
Lors des mariages, l’irotomesode peut être choisi par les sœurs, les tantes, les grands-mères, les cousines et d’autres femmes de la famille. Dans certains cas, il peut également être porté par une femme extérieure à la famille dont la relation avec le couple lui confère un rôle particulièrement formel lors du mariage. Le nombre d’armoiries approprié, la couleur et le motif dépendent des traditions familiales, de la relation de la personne avec les mariés, de son rôle dans le mariage et du niveau de formalité de l’occasion.
Kurotomesode et Irotomesode
| Kurotomesode | Irotomesode |
|---|---|
| Fond noir | Fond d’une couleur autre que le noir |
| Cinq armoiries | Une, trois ou cinq armoiries |
| Niveau de formalité le plus élevé pour les femmes mariées | Le niveau de formalité varie selon le nombre d’armoiries ; une version à cinq armoiries avec une couche blanche hiyoku peut avoir le même niveau de formalité que le kurotomesode |
| Traditionnellement porté par les femmes mariées | Peut être porté par des femmes mariées ou célibataires |
| Le plus souvent porté par les mères de la mariée et du marié ainsi que par d’autres proches parentes mariées | Souvent porté par des femmes de la famille ; dans certains cas, par des femmes extérieures à la famille occupant un rôle particulièrement formel |
| Impression visuelle digne et sobre | Élégance formelle dans une plus grande variété de couleurs |
Motifs de bon augure dans les kimonos de mariage
Les kimonos de mariage réunissent souvent des motifs qui expriment des souhaits de longévité, de prospérité, de bonne fortune, d’harmonie dans les relations et d’un avenir heureux pour le couple. Chaque motif possède ses propres associations traditionnelles et, lorsque plusieurs motifs apparaissent ensemble, ils ajoutent différentes couches de signification au vêtement.
- Les grues symbolisent la longévité et la bonne fortune. Lorsqu’elles sont représentées par paire, elles peuvent également exprimer l’harmonie conjugale et le souhait que le couple partage une vie longue et heureuse.

- Le pin, le bambou et le prunier, réunis sous le nom de shōchikubai, forment une combinaison classique de bon augure associée à la résilience, à la persévérance, à la bonne fortune et à l’espoir après les épreuves.
- Les éventails s’ouvrent vers l’extérieur selon une forme appelée suehirogari, symbolisant la croissance, l’expansion de la bonne fortune, la prospérité et un avenir florissant.
- Le shippō est composé de cercles qui se chevauchent et est souvent associé à l’harmonie, aux relations porteuses de sens, à la prospérité et aux liens durables entre les générations.
- Les motifs en écaille de tortue s’appuient sur l’association traditionnelle de la tortue avec la longévité et peuvent également exprimer l’harmonie et la bonne fortune.
- Les phénix sont associés à la paix, au renouveau, à la prospérité et aux commencements de bon augure, tandis que les motifs de trésors ajoutent des souhaits de richesse et de bonne fortune.
Les chars de cour et d’autres motifs inspirés de la culture aristocratique évoquent l’élégance, la prospérité et le raffinement cérémoniel. Les fleurs de saison peuvent quant à elles apporter à la fois une dimension saisonnière et leurs propres significations symboliques.
Les nuages peuvent représenter des signes de bon augure, des bénédictions divines et l’abondance. L’eau en mouvement peut exprimer la pureté, la protection et la capacité à continuer d’avancer, tout en reliant les fleurs, les éventails, les chars et d’autres motifs dans une composition picturale fluide et élégante.
Dans les tenues de mariage, ces motifs peuvent donner une forme visible à la fois aux espoirs de la personne qui les porte et aux vœux de bonheur adressés au couple. Ensemble, ils créent un vêtement chargé de célébration, de dignité et d’espoir pour l’avenir du couple.
Pour découvrir plus en détail la signification et l’histoire de chaque motif, consultez le Dictionnaire des motifs du kimono AKIZAKURA.
Le kimono de mariage dans le Japon d’aujourd’hui
Le kimono de mariage traditionnel reste une composante importante de la culture nuptiale japonaise, même s’il n’est pas porté lors de tous les mariages contemporains. Certaines mariées choisissent une robe occidentale pour la cérémonie et la réception, tout en portant un shiromuku, un iro-uchikake ou une autre tenue nuptiale japonaise lors d’une cérémonie shinto, d’un changement de tenue, d’une séance photo avant le mariage ou d’une séance photo de mariage organisée séparément.
Même lorsque la mariée porte une robe occidentale, sa mère peut choisir de porter un tomesode noir formel. En effet, la tenue de chaque personne reflète son propre rôle au sein du mariage, plutôt que de simplement s’accorder au choix de la mariée entre une tenue japonaise ou occidentale.
Mon propre mariage reflétait lui aussi cette approche contemporaine et interculturelle. En tant que Japonaise mariée à un Français, j’ai célébré notre mariage entre deux pays et deux traditions culturelles. Au Japon, nous avons réalisé une séance photo de mariage en tenues traditionnelles japonaises. Je portais un shiromuku puis un iro-uchikake, tandis que mon mari portait un montsuki haori noir formel avec un hakama. Plus tard, sur l’île française de Corse, d’où vient sa famille, nous avons célébré notre mariage en tenue occidentale : je portais une robe de mariée et mon mari un smoking.

Les vêtements étaient différents dans chaque pays, mais l’intention restait la même : honorer l’importance de ce moment, rendre notre joie visible à travers nos tenues et la partager avec toutes les personnes qui ont célébré notre mariage avec nous, qu’elles soient présentes à nos côtés ou à distance.
Un mariage raconté à travers les vêtements
Dans la tenue de mariage japonaise traditionnelle, tout le monde ne s’habille pas de la même manière ni avec le même niveau de formalité. Chaque vêtement reflète au contraire le rôle de la personne qui le porte et sa relation avec les mariés.
À mesure que j’ai approfondi mes connaissances sur l’histoire et les traditions du kimono de mariage, un aspect m’est apparu particulièrement significatif : les vêtements peuvent rendre visibles non seulement le niveau de formalité, mais aussi les rôles, les relations et la célébration elle-même.
La tenue de la mariée reflète son rôle cérémoniel unique. Le shiromuku crée un début solennel tout en blanc, l’iro-uchikake apporte couleur, éclat et motifs de bon augure, tandis que le hikifurisode offre une autre forme d’élégance nuptiale grâce à son obi visible, ses longues manches et son ourlet traînant. Le kurotomesode et l’irotomesode, quant à eux, donnent aux mères et aux autres femmes de la famille une présence formelle adaptée à leur relation avec le couple et à l’occasion.
Dans la culture japonaise du mariage, le mariage est une célébration partagée, et les vêtements — en particulier le kimono — contribuent à rendre cette célébration visible. Les invités peuvent exprimer leur joie et leurs vœux de bonheur à travers leur tenue. En tant que membres des familles qui accueillent les invités, les mères et les autres proches ne s’habillent pas seulement pour célébrer l’union, mais aussi pour accueillir les invités et honorer leur présence. La tenue de mariage du couple, à son tour, rend leur bonheur visible, permettant aux autres d’en être témoins, de le partager et de le célébrer avec eux.
Pris dans leur ensemble, ces vêtements montrent que la formalité du kimono peut exprimer bien davantage qu’un rang ou le simple fait d’être approprié à une occasion. Comme nous l’avons vu dans la Partie 1, choisir un kimono peut aussi être une manière d’enrichir le moment et de témoigner de l’attention aux personnes avec lesquelles nous le partageons. Même si les mariages continuent d’évoluer, cet échange autour de la célébration — à travers les vêtements, l’hospitalité et la joie partagée — reste une dimension durable de la culture japonaise du mariage.
Continuez la série
À suivre : Partie 3 — Qu’est-ce qu’un furisode ?
Dans la Partie 3, nous nous intéresserons plus en détail au furisode — à ses longues manches caractéristiques, à son lien avec les célébrations du passage à l’âge adulte et aux significations qui se sont développées autour de ce kimono. Nous verrons également comment le furisode peut s’inscrire dans les célébrations familiales, dans l’attention portée aux proches et dans la transmission des souvenirs.
Lire la Partie 3 : Qu’est-ce qu’un furisode ? Signification, manches longues et passage à l’âge adulte →
Ou découvrez une autre partie de la série
Partie 1 : Quel kimono choisir selon l’occasion ? Guide de la formalité du kimono
Partie 4 : Homongi, Tsukesage ou Iromuji : comment les différencier et quand porter chacun ?
Partie 5 : Kimono décontracté ou yukata : quelles différences ? Comprendre le komon
Partie 6 : Le kimono aujourd’hui au Japon et ailleurs : comment il est porté, choisi et adapté
Sources
- Bibliothèque nationale de la Diète. « La culture du mariage qui perdure aujourd’hui », extrait de Retour sur la culture nuptiale : histoire et culture des mariages japonais. Cette ressource en japonais retrace l’histoire du shiromuku, de l’iro-uchikake, du furisode, du tomesode et des coiffes nuptiales traditionnelles.
- Préfecture de Kyoto et Kyoto Wedding Association. « Présentation des tenues ». Une présentation en anglais du shiromuku, de l’iro-uchikake, du hikifurisode ainsi que de la tenue formelle montsuki haori et hakama.
- Musée national de Kyoto. « Motifs de bon augure dans les textiles japonais ». Une introduction en anglais aux motifs textiles associés à la longévité, à la prospérité, à la fertilité et à d’autres souhaits de bon augure.
- Collaborative Reference Database, Bibliothèque nationale de la Diète. « Histoire du montsuki, du kurotomesode et des tenues de deuil ». Cette ressource en japonais rassemble plusieurs sources publiées sur l’évolution et les caractéristiques formelles du kurotomesode.
- Kyoto Kogei Sensho Cooperative Association. Kyoto Yuzen Encyclopedia : « Niveaux de formalité du kimono » et « Armoiries familiales : types, nombre et emplacement ». Ces guides en japonais expliquent le niveau de formalité du kurotomesode et de l’irotomesode, ainsi que l’utilisation et l’emplacement d’une, trois ou cinq armoiries.


Laisser un commentaire