Où peut-on encore voir des personnes porter un kimono au Japon aujourd’hui ?

Quand je porte un kimono en France, il arrive que des Français me demandent : « Est-ce que les Japonais portent un kimono tous les jours ? »

Pour la plupart des Japonais aujourd’hui, la réponse est non.

Pour moi, cependant, c’était différent. Pendant plusieurs années avant de m’installer en France, je portais un kimono presque tous les jours en raison de mon travail. Au Japon, je proposais des expériences autour du kimono, j’habillais mes clients et je passais la journée avec eux moi-même vêtue d’un kimono.

Mais cela était loin d’être habituel.

Au quotidien, au Japon, les gens s’habillent à peu près comme ici à Paris — avec des vêtements occidentaux contemporains.

Et pourtant, certaines personnes portent encore le kimono dans le cadre de leur travail, de leur art, de leur pratique ou du rôle qu’elles occupent.

Cela nous amène alors à une autre question :

Où, au Japon, peut-on encore rencontrer aujourd’hui des personnes qui portent le kimono dans le cadre de leurs activités ?

C’est ce que nous allons explorer dans cet article.

Dans cet article

Dans un ryokan ou un ryōtei — Le kimono pour accueillir les clients
Dans les hanamachi de Kyoto — Geiko (geisha) et maiko
Dans les clubs haut de gamme de Ginza — Le kimono dans le Tokyo contemporain
Dans les arts du spectacle traditionnels — Kimono et costumes de scène
 — Rakugo
 — Nihon Buyo
 — Kabuki
 —
 — Musique traditionnelle
Dans le monde du sumo — La tenue traditionnelle au-delà du ring
Lors d’une réunion de thé — Le kimono dans la Voie du thé
Dans une boutique de kimono — Porter ce avec quoi l’on travaille
Dans un sanctuaire shinto — Kimono et tenue rituelle
Le kimono dans la vie d’aujourd’hui

1. Dans un ryokan ou un ryōtei — Le kimono pour accueillir les clients

Un ryokan traditionnel ou un restaurant japonais formel appelé ryōtei fait partie des lieux où les visiteurs peuvent encore voir le kimono porté comme tenue de travail.

Dans certains établissements, l’okami, ou maîtresse de maison, accueille les clients en kimono.

On peut également y trouver des nakai — des employées chargées de l’accueil et du service, qui accompagnent les clients jusqu’à leur chambre, servent les repas, portent les plateaux et les assistent tout au long de leur séjour ou de leur repas. Elles aussi peuvent travailler en kimono.

Au cours d’une journée, une employée peut parcourir les couloirs, s’asseoir ou s’agenouiller sur des tatamis, servir des plats, porter des plateaux, accueillir les clients et s’incliner à de nombreuses reprises.

Pour quelqu’un qui ne voit habituellement le kimono qu’en photographie, il peut être facile de l’imaginer comme un vêtement magnifique, mais contraignant. Pourtant, une personne qui travaille en kimono se déplace avec lui tout au long de la journée.

La manière de retenir une manche pendant le service, de gérer l’ourlet lorsqu’on s’assoit ou s’agenouille, ou encore de se déplacer en portant un plateau devient ainsi un aspect très concret de la façon de porter le vêtement.

Les exigences pratiques peuvent également influencer le vêtement lui-même. Certains établissements utilisent des kimono lavables ou des modèles en deux pièces, plus faciles à entretenir au quotidien.

Mais si les vêtements occidentaux sont souvent plus pratiques pour travailler, pourquoi continuer à porter le kimono ?

Une partie de la réponse se trouve dans le rôle que joue le vêtement au sein même du ryokan ou du ryōtei. Pour une okami en particulier, le kimono peut faire partie de la manière dont elle représente l’établissement et accueille ses clients.

Avant même qu’un mot soit prononcé, sa tenue peut déjà nous révéler quelque chose sur le lieu dans lequel nous venons d’entrer.

2. Dans les hanamachi de Kyoto — Geiko (geisha) et maiko

L’un des endroits les plus reconnaissables visuellement pour rencontrer des personnes portant une tenue traditionnelle est celui des hanamachi de Kyoto, les quartiers où les geiko et les maiko se forment et travaillent.

À Kyoto, le terme geiko est traditionnellement utilisé à la place de geisha.

Une maiko est une apprentie artiste qui étudie des arts traditionnels tels que la danse et la musique, ainsi que les formes d’hospitalité propres à sa profession. Une geiko est une artiste professionnelle ayant terminé son apprentissage, même si sa formation artistique se poursuit tout au long de sa carrière.

Leur tenue est étroitement liée à cet univers professionnel, et nombre de ses détails transmettent des informations.

Une maiko et une geiko ne se présentent pas de la même manière.

Une maiko porte généralement un kimono à longues manches, un obi caractéristique et des ornements de cheveux élaborés dans sa propre chevelure. L’apparence d’une geiko est en général plus sobre, avec un kimono, un obi et une coiffure différents, et elle porte le plus souvent une perruque.

Même parmi les maiko, certains détails, comme la coiffure et les ornements de cheveux, peuvent évoluer au fil de leur apprentissage.

Dans les hanamachi, ces différences ne sont pas simplement décoratives. Elles peuvent indiquer si une personne est maiko ou geiko et, dans certains cas, à quel stade de son apprentissage se trouve une maiko.

La tenue fait ainsi partie du langage professionnel des hanamachi. Ce qui peut d’abord apparaître comme une simple et belle tenue traditionnelle peut en réalité révéler quelque chose du rôle, de l’expérience et du parcours de celle qui la porte dans cet univers.

Pour les visiteurs, il est toutefois important de se rappeler que les geiko et les maiko que l’on voit marcher dans les rues sont souvent simplement en route pour leur travail. Le fait qu’elles portent une tenue distinctive ne signifie pas qu’elles se produisent pour le public dans la rue, et les visiteurs ne doivent ni les arrêter, ni les suivre, ni les toucher, ni les photographier sans leur permission. La prise de photos est également soumise à des restrictions dans certaines parties de Gion.

Leur travail se déroule traditionnellement lors d’ozashiki — des réunions privées organisées dans des maisons de thé ou des restaurants, où geiko et maiko divertissent les invités par la danse, la musique et la conversation. Il existe également des spectacles et des programmes ouverts au public, qui permettent de découvrir leurs arts sans avoir besoin d’accéder au monde privé traditionnel des hanamachi.

3. Dans les clubs haut de gamme de Ginza — Le kimono dans le Tokyo contemporain

À Ginza, au cœur du Tokyo moderne, on trouve une forme très différente d’hospitalité professionnelle.

Ginza de nuit, Tokyo.

Dans certains clubs haut de gamme du quartier, le kimono est encore porté comme tenue professionnelle par certaines mamas et hôtesses.

Le mot « club » peut prêter à confusion en français comme en anglais. Il ne s’agit pas de boîtes de nuit avec piste de danse et DJ, ni d’établissements dont l’activité a pour objet des services sexuels.

Ce sont des lieux de sociabilité fondés sur les boissons, la conversation, l’hospitalité et les relations de long terme avec les clients. Beaucoup de clubs haut de gamme reposent largement sur une clientèle régulière et sur les recommandations, et la mama joue un rôle important dans la représentation de l’établissement et dans l’entretien de ces relations.

L’apparence fait partie du métier, mais elle ne suffit pas à elle seule.

Une mama ou une hôtesse peut avoir besoin de se souvenir de ses clients et de conversations précédentes, de comprendre les milieux dans lesquels ils évoluent, de suivre l’actualité, de savoir lire l’atmosphère autour d’une table et de maintenir naturellement la conversation. Ce travail peut ainsi demander des connaissances très diverses, de la mémoire, de la discrétion et une grande sensibilité aux situations et aux relations humaines.

Toutes les mamas et toutes les hôtesses ne portent pas de kimono. Les robes de soirée occidentales sont également courantes. Mais le kimono reste l’un des choix de tenue professionnelle que l’on peut encore voir à Ginza.

La culture des clubs de Ginza appartient pleinement au Tokyo urbain contemporain, plutôt qu’à une tradition classique préservée d’une époque ancienne.

Et pourtant, le kimono y a trouvé sa place comme vêtement de travail.

4. Dans les arts du spectacle traditionnels — Kimono et costumes de scène

Les arts du spectacle traditionnels sont un autre domaine où le kimono et d’autres formes de vêtements traditionnels japonais restent encore très présents aujourd’hui.

Mais le rôle du vêtement varie selon chaque art. Parfois, il s’agit simplement de la tenue portée par l’artiste. Dans d’autres cas, la manche, la silhouette ou le costume lui-même devient une partie de l’expression.

Rakugo

Dans un yose, une salle traditionnelle de divertissement, un artiste de rakugo s’assoit sur un coussin et raconte une histoire en interprétant de nombreux personnages différents.

La scène est remarquablement simple. Un éventail pliant et une serviette tenugui peuvent devenir des baguettes, une pipe, une lettre ou d’autres objets, tandis que les changements de voix, de regard, de posture et de gestes permettent à un seul interprète de passer d’un personnage à l’autre.

Pendant toute la représentation, l’artiste reste généralement vêtu du même kimono. Le public comprend qui parle grâce au jeu de l’interprète plutôt qu’à un changement de costume.

Un haori peut parfois être porté pendant le makura, l’introduction qui précède l’histoire principale, puis retiré au moment d’entrer dans le récit. Ce n’est pas une règle fixe, mais lorsque cela se produit, même ce petit changement de tenue peut marquer discrètement la transition vers l’histoire.

Nihon Buyo

Dans le nihon buyo, ou danse traditionnelle japonaise, le lien entre le vêtement et le mouvement apparaît de manière beaucoup plus visible.

Lorsque le danseur tourne ou déplace un bras, les manches et l’ourlet prolongent le mouvement du corps. Une longue manche peut étendre la ligne visuelle au-delà de la main, et la manière dont le tissu est tenu, relâché ou mis en mouvement peut devenir une partie de l’expression elle-même.

En regardant le nihon buyo, il devient parfois difficile de séparer le mouvement du danseur de celui du kimono.

Dans certaines danses de scène, les longues manches peuvent même suggérer des gestes comme écarter la rosée ou la neige.

Kabuki

Le kabuki fait entrer le kimono et d’autres formes de vêtements japonais dans un univers beaucoup plus théâtral.

De nombreux personnages apparaissent vêtus de pièces appartenant à la tradition du kimono. Une princesse, par exemple, peut porter un furisode élaboré avec un uchikake, tandis qu’un samouraï peut apparaître en kamishimo — un ensemble composé d’un kosode, d’un kataginu et d’un hakama.

Mais ces costumes ne sont pas de simples reproductions des vêtements ordinaires d’autrefois.

Le costume peut immédiatement révéler au public quelque chose sur un personnage. La forme, la couleur, les motifs, les proportions et la manière dont les vêtements sont portés peuvent être adaptés ou exagérés afin de rendre plus visibles l’âge, le statut social, la personnalité ou le rôle du personnage.

Dans le kabuki, le kimono devient ainsi une composante d’un langage visuel beaucoup plus vaste propre au costume de scène.

Le nô offre une autre manière de voir des vêtements issus de la tradition du kimono toujours utilisés sur scène.

Les costumes de nô sont désignés collectivement par le terme noh shozoku et réunissent de nombreux types de vêtements différents. Certains, comme le karaori et l’atsuita, appartiennent à la famille du kosode — la même grande lignée dont est issu le kimono moderne — tandis que d’autres, comme le kariginu, sont des robes plus amples, des hakama ou d’autres pièces spécialisées.

Costume de nô (kariginu), première moitié du XIXe siècle. The Metropolitan Museum of Art. Domaine public.

Ces vêtements sont combinés en fonction du rôle interprété, formant un système de costume de scène très élaboré, avec ses propres formes et conventions.

Musique traditionnelle

Les musiciens traditionnels peuvent eux aussi se produire en kimono ou dans d’autres formes de tenues japonaises formelles.

Une joueuse de shamisen en kimono.

Dans des genres tels que le nagauta, le kiyomoto, le tokiwazu ou le gidayu, les artistes peuvent chanter, déclamer ou jouer du shamisen en montsuki et hakama, tandis que les femmes peuvent porter un montsuki noir ou coloré ; certains genres utilisent également le kataginu.

Ces musiciens peuvent se produire de manière autonome, mais ils sont aussi étroitement liés au kabuki et à la danse japonaise.

Ainsi, même lorsque notre attention se porte sur l’acteur ou le danseur au centre de la scène, le kimono peut également être porté par les personnes qui créent la musique autour de lui.

5. Dans le monde du sumo — La tenue traditionnelle au-delà du ring

Le sumo offre un exemple très différent.

Pendant un combat, un lutteur porte un mawashi plutôt qu’un kimono. Mais en dehors du ring, la tenue traditionnelle reste une partie de la vie d’un rikishi professionnel.

L’Association japonaise de sumo explique que même les nouveaux lutteurs sont censés porter un yukata lorsqu’ils sortent pendant les périodes les plus chaudes, et un kimono lorsqu’il fait plus froid. Comme l’indique son propre guide, dès qu’une nouvelle recrue sort, elle se présente au monde extérieur en tant que rikishi.

Statue de l’ancien yokozuna Kitanoumi en tenue traditionnelle.

Ce qu’un lutteur est autorisé à porter peut également évoluer à mesure qu’il progresse dans la hiérarchie. Certains types de chaussures, de ceintures, de vêtements d’extérieur et d’autres éléments ne deviennent accessibles qu’à partir de certains rangs.

La tenue traditionnelle n’est donc pas simplement un costume porté au moment où le public regarde la compétition.

Elle dépasse le cadre du ring et fait partie de la manière dont un lutteur se présente en public en tant que membre du monde professionnel du sumo.

6. Lors d’une réunion de thé — Le kimono dans la Voie du thé

Le thé offre un exemple plus discret.

Toutes les personnes qui pratiquent le chado, ou la Voie japonaise du thé, ne portent pas de kimono. De nombreux cours ont lieu en vêtements occidentaux, et le kimono n’est pas indispensable pour apprendre la pratique du thé.

Lors de réunions de thé plus formelles, en revanche, le kimono reste encore couramment porté.

Ce lien est en partie historique. Les formes de la pratique du thé que nous connaissons aujourd’hui se sont développées à une époque où les vêtements japonais faisaient partie de la vie quotidienne. Certains gestes et certaines manières de manipuler les objets se sont donc naturellement développés en relation avec les vêtements que l’on portait.

Pour l’hôte, le fukusa — le carré de soie utilisé pendant la préparation — est porté à la taille. Les invités utilisent du papier kaishi lorsqu’ils reçoivent les pâtisseries et le thé et, lorsqu’ils portent un kimono, celui-ci est traditionnellement glissé à l’intérieur du vêtement.

Les gestes du thé impliquent également tout le corps : la manière de s’asseoir et de se relever, de marcher sur les tatamis, d’ouvrir une porte coulissante, de porter les ustensiles et de se déplacer dans l’espace du thé.

Dans ce contexte, le kimono ne fait pas simplement partie de l’apparence de l’occasion.

Il reste lié aux gestes, aux objets et aux coutumes transmis au sein de la Voie du thé.

7. Dans une boutique de kimono — Porter ce avec quoi l’on travaille

Une boutique de kimono est sans doute l’un des endroits les plus évidents où l’on peut rencontrer des personnes travaillant en kimono.

Certains membres du personnel portent un kimono lorsqu’ils conseillent les clients, même si cela varie d’une boutique à l’autre.

Leur travail peut aller bien au-delà de la simple vente d’un vêtement. Les clients peuvent demander quel type de kimono convient à une occasion particulière, comment l’associer à un obi et à des accessoires, comment il doit tomber sur le corps ou encore comment l’entretenir après l’avoir porté.

Et ici, le fait de porter le kimono peut lui-même faire partie de la manière dont il est présenté.

Un kimono plié sur une étagère ne raconte qu’une partie de l’histoire. Une fois porté, on peut voir comment un motif se place sur le corps, comment l’obi modifie l’équilibre des couleurs et comment l’ensemble de la silhouette prend forme.

Pour une personne qui travaille chaque jour avec des kimono, la connaissance ne vient donc pas seulement du tissu lui-même, mais aussi du fait de voir comment il est choisi, coordonné, porté, ajusté et entretenu.

Dans une boutique de kimono, la personne qui explique le vêtement peut aussi montrer, simplement en le portant, ce qu’il peut devenir.

8. Dans un sanctuaire shinto — Kimono et tenue rituelle

Un sanctuaire shinto est un autre lieu où différentes formes de vêtements traditionnels japonais continuent d’être portées activement aujourd’hui.

Les miko sont généralement reconnaissables à leur kimono blanc et à leur hakama rouge. Leur tenue peut varier lors de certains rituels ou de danses sacrées, avec l’ajout de vêtements tels que le chihaya et d’autres accessoires.

Miko portant un chihaya par-dessus un hakama rouge lors d’une cérémonie dans un sanctuaire.

Il ne s’agit pas simplement d’une tenue cérémonielle que l’on observe de loin. Les miko peuvent assister les prêtres shinto, exécuter le kagura, participer aux cérémonies et aux mariages, accueillir les visiteurs et travailler aux bureaux du sanctuaire, où sont notamment proposés des amulettes et d’autres objets. Autrement dit, ces vêtements sont portés aussi bien dans l’accomplissement des tâches quotidiennes du sanctuaire que lors des occasions rituelles.

Les prêtres shinto portent des formes de vêtements plus spécialisées, appelées shozoku. Ces tenues varient selon le rituel et son degré de formalité.

Ici, des formes familières comme le kimono et le hakama coexistent avec des vêtements rituels plus spécialisés, chacun étant lié à des rôles et à des cérémonies particulières.

Ces vêtements font encore aujourd’hui partie du travail et de la vie rituelle du sanctuaire.

Le kimono dans la vie d’aujourd’hui

Jusqu’ici, nous avons découvert différents lieux où certaines personnes portent encore régulièrement le kimono pour des raisons très diverses — dans le cadre de leur travail, de leur art, d’une pratique ou d’un rôle particulier.

Mais il existe aussi des personnes que l’on ne peut pas aussi facilement associer à l’un de ces lieux.

Elles portent le kimono simplement parce qu’elles l’aiment.

J’ai plusieurs amis au Japon qui portent régulièrement le kimono alors même que leur travail n’a aucun rapport avec celui-ci. Pour eux, mettre un kimono fait tout simplement partie de la vie quotidienne.

Cela m’arrive aussi ici à Paris, même les jours où je ne travaille pas.

Lorsque je sors en kimono dans Paris, il arrive que des personnes viennent spontanément me parler. Une petite conversation peut commencer avec quelqu’un à qui je n’aurais peut-être jamais parlé autrement, ou je peux simplement me rendre compte que je profite un peu plus de ma journée.

Un vêtement peut apporter quelque chose non seulement à la personne qui le porte, mais aussi au lieu et au moment dans lesquels il est porté.

Nous l’avons vu de différentes manières tout au long de cet article. Une okami en kimono contribue au caractère d’un ryokan. Le vêtement devient une partie de l’univers visuel d’un spectacle. Lors d’une réunion de thé, il peut contribuer à l’atmosphère et au caractère formel de l’occasion.

Mais cette relation ne fonctionne pas nécessairement dans un seul sens.

Lorsqu’un kimono est porté aujourd’hui — dans un ryokan, sur une scène, dans les rues de Paris ou simplement dans la vie quotidienne de quelqu’un — la personne qui le porte et le lieu où il est porté s’inscrivent eux aussi dans la suite de son histoire.

Chaque fois qu’il est porté dans un nouvel endroit, pour une nouvelle raison, ou simplement parce que quelqu’un choisit de le porter, une nouvelle dimension peut s’ajouter à ce qu’il peut signifier.

C’est peut-être aussi ainsi que le kimono continue à vivre dans le présent — non pas en laissant son histoire derrière lui, mais avec de nouveaux lieux, de nouvelles personnes et de nouvelles expériences qui viennent, eux aussi, faire partie de son histoire.

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